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Mur en béton fissurée
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Nora Cornolle affronte Joselyne Edwards à l'UFC Paris ! Interview

Dernière mise à jour : 11 juil. 2023


La championne d'Europe de Muay Thaï Nora Cornolle signe avec l'UFC. Elle fera ses débuts à l'occasion de l'UFC Paris.
Crédit Photo : UAE Warriors

Nora Cornolle, nouvelle combattante française signée à l'UFC


Championne d'Europe de Muay Thaï et vice-championne du monde, Nora Cornolle a signé à l'UFC après 7 combats de MMA professionnels. Victorieuse à 6 reprises, la Française peut se vanter d'un ratio de finish à 100% puisqu'elle s'est imposée à chaque fois avant la limite ! Talent prometteur, elle fera ses débuts pour la promotion contre Joselyne Edwards à l'occasion de l'UFC Paris, le 2 septembre prochain



"Bonjour Nora, on se parle en marge de ta participation à l’UFC Paris le 2 septembre prochain à l’Accor Arena. Est-ce que tu pourrais te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?"


"Oui bien sûr. Mon premier combat de MMA a eu lieu le 10 juillet 2021. Avant ça, j’ai eu une carrière en Muay ThaÏ pendant laquelle j’ai fait une soixantaine de combats. J’ai pas mal évolué sur le circuit amateur. Lorsque j’ai repris les combats en 2021, j’en ai profité pour retourner avec l’équipe de France pour plusieurs compétitions internationales. C’est considéré comme amateur mais c’est que des pros. J’ai été championne d’Europe et vice-championne du monde. Je pratique depuis 2012/2013 et on est sur une transition 100% MMA en ce moment."


"C’est intéressant que tu précises 100% MMA parce que pendant un temps tu as cumulé les deux. On sait que c’est parfois difficile à gérer pour les combattants, comment ça s’est passé pour toi ?"


"Franchement, ça a été difficile. On m’a beaucoup proposé de faire la transition vers le MMA. J’étais vraiment pas prête parce que le Muay c’est vraiment mon sport de cœur ! Je me suis rendu compte avec le temps que les deux sports sont complètement différents, ça n’a rien à voir. Ça implique des ajustements et des réadaptations. J’ai cumulé les deux parce que j’avais du mal à laisser le Muay derrière



Partir pour représenter sa nation, c'est toujours quelque chose de fort. La fierté de monter sur le podium, de ramener une médaille, de porter les couleurs de la France, c’est important pour moi. Le MMA, on est sur de l’organisation privée à chaque fois. Certes tu as un drapeau derrière mais tu portes ton nom plus que ta nation


"Pour quelqu’un qui a passé autant de temps dans un art martial fixe, c’est quoi le plus gros challenge dans l’apprentissage du MMA ?"


"Beaucoup de personnes du striking disent que les attaques viennent de partout en MMA et donc il y a beaucoup d’automatismes à perdre. Il faut toujours penser transition quand tu réapprends. Moi je suis une strikeuse. C’est mon ADN. C’est mon terrain de prédilection. Mais maintenant, je dois penser à comment je vais entrer en lutte, comment amener pour aller au sol, c’est des terrains sur lesquels je suis encore en apprentissage



Je me définis comme une combattante de MMA , J’ai un profil complet. Bien sûr, ma plus grande force c’est debout mais j’ai pas peur de lutter ou d’aller au sol. Il faut être capable de changer de stratégie et de se réadapter rapidement. Ce qui est important c’est de s’ouvrir. Il ne faut pas être têtu et rester dans ce qu’on sait faire. Il ne faut pas avoir peur de ce que tu connais moins. C’est sûr que si ta force c’est d’être debout, t’as moins envie d’aller en lutte, d’aller au sol mais ta défense elle a intérêt à être mortelle."



"Est-ce que ça réveille l’égo du combattant lorsqu’on apprend des choses qu’on connaît avec une autre perspective ? C’est dur d’entendre que tu dois faire différemment des choses que tu maîtrises déjà ?"


"Honnêtement ouais [elle rigole]. Je rigole parce qu’on m’a dit y’a deux jours que j’étais difficilement coachable. Tu crées forcément des résistances. Mon coach de poings-pieds c’est Redwan Ameur, ça restera toujours Redwan Ameur. Quand quelqu’un d’autre m’apprend quelque chose, je me dis que c’est intéressant mais je vais quand même le remettre en question. En fait, il faut que la personne te montre le bon sens de ce qu’elle essaye de t’apprendre. Puis faut que ça fonctionne. Si tu vois que c’est galère et que t’as du mal à t’y plier, tu vas retourner dans ce que tu sais faire. Chaque combattant a ses préférences."


"T’as mentionné plusieurs entraîneurs, aux dernières nouvelles tu étais pensionnaire au Free Fight Academy.. [elle fait non de la tête] Tu n’y es plus ?"


"C’est vrai que j’ai pas communiqué dessus du tout mais au moins ça me permet d’en parler. Je ne suis plus pensionnaire de la FFA depuis mon dernier combat à l’Hexagone MMA. J’y suis retourné deux fois après mais mentalement je n’y étais déjà plus. Ça fait un moment que j’y pensais déjà et que je voulais faire différemment. En termes de planning, je parcours déjà toute l’Île de France, je passe ma vie dans les transports. Il fallait que je trouve une façon de faire qui me convenait et c’est pour ça que j’ai dû faire des changements."


T’es satisfaite de ton fonctionnement actuel ?”


"Oui parce que je n'ai pas à me battre ou à avoir la sensation que je me plains. Je suis très rigoureuse pour le fight, pas dans tout ce que je fais [elle rigole] mais pour le fight oui. Je ne rate pas un entraînement pour aller faire autre chose. C’est ma priorité dans la vie. J’ai besoin que ça soit carré. Quand je parle de programmation à certains entraîneurs et qu’on me dit que c’est trop, c’est non. Chacun à ses besoins. C’est pas parce qu’une méthode marche pour un combattant que tout le monde doit l’appliquer. Y’a pas longtemps, on me disait que je touchais mon rêve en allant à l’UFC, mais pas du tout !



L’UFC c’est un super accomplissement mais c’est comme le bac et là, je veux faire mes classes supérieures. Je veux chercher la ceinture et là, ça serait un accomplissement. Je m’entoure des bonnes personnes avec qui je peux communiquer sereinement et simplement. Il y a une synergie et un apprentissage commun. J’ai créé ma team autour de moi et on vit une aventure tous ensemble. Chacun est dans sa compétence et reconnaît la compétence de l’autre. Y’a pas besoin de 10 000 personnes, y’a besoin d’une bonne équipe. C’est ça mon rêve. C’est l’aventure humaine qui va avec."


"Tu t’es aussi entourée d’un coach physique en la personne de Steve Delaval. C’est la première fois que tu fais de la prépa physique, est-ce que tu peux nous parler du changement ?"


"J’en parle pas souvent, mais j’ai fait une pause de deux ans durant laquelle j’ai pris beaucoup de poids. C’est dû à une maladie auto-immune à la thyroïde [l’hypothyroïdie]. Ça fait bizarre quand je dis que je fais de la prépa physique tous les jours mais c’est parce que j’ai besoin que mon métabolisme soit actif pour maintenir mon taux d'hormone. Quand j’ai commencé la prépa, j’ai perdu une quinzaine de kilos en 3 mois. Je sentais que j’avais du muscle efficace. Pour mon premier combat, je me mange un knockdown au bout de 40 secondes mais j’ai réussi à me relever. Sans condition physique, ça n'aurait pas été possible



Steve, c’est quelqu’un qui a su s’adapter à moi. De base, son associé et lui sont issus du Football Américain. Je déteste faire la même chose tous les jours et il fait preuve de créativité pour me pousser à bosser dur. Comme c’est un ancien athlète de haut niveau, il arrive à me lire sur les moments où je suis moins bien. Moi je ne suis pas une très grande communicante mais ça se voit dans mon langage corporel et lui, il sait trouver les mots pour me booster. Il y a beaucoup de similitudes entre le Foot US et le combat dans l’approche mentale et physique. J’ai pas besoin d’expliquer, il comprend direct ce que je ressens. Steve c’est un point d’ancrage dans ma carrière."


"Tu as trouvé une bonne recette. 6 victoires en un an, c’est très rapide. Surtout quand on sait que t’avais des compétitions de Muay à droite à gauche. La prochaine étape c’est l’UFC. T’es sur la carte du 2 septembre à Paris et tu affrontes Joselyne Edwards. Comment s’est faite la signature à l’UFC et le combat à Paris ?"


"Tu fais bien de l’amener maintenant parce que c’est l’occasion de parler de JB de la Bulgarian Top Team ! C’est quelqu’un avec qui je parle depuis longtemps. Plus je lui parlais, plus je découvrais sa personnalité et j’arrivais à sentir la personne. C’est important d’être bien entouré pour la performance. L’environnement influe sur le cerveau et c’est capital qu’il soit sain. Il a fait le taff



On a reçu un contrat de l’UFC avec plusieurs combats sur un an et demi. On n'a pas eu de date de suite. Ça nous semblait logique que ce soit à Paris mais à l’UFC, ils font ce qu’ils veulent. On a attendu et 2 semaines après on a reçu la proposition pour l’UFC Paris et Joselyne Edwards. On n'a pas hésité ! Le truc marrant c’est que quand je regardais l’UFC, je l’avais vu deux/trois fois et je me disais que ce serait une meuf que je pourrais prendre. Le hasard a fait que les astres se sont alignés et je suis super contente. Surtout qu'on me propose quelqu’un d’installée."


"Là on est sur une combattante proche du top 15. Avec une victoire en septembre, ça peut s’enchaîner rapidement"


“J’aimerai trop. Je t’avoue que j’ai pas conscience de tout parce que je suis concentrée sur mon combat mais j’aimerai que ça aille aussi vite que Manon [Fiorot], ce serait l’idéal comme parcours. Mon objectif c’est pas juste de gagner, c’est de faire une grosse performance pour qu’ils comprennent qui je suis. Je veux mettre les pendules à l’heure."


"Faut aussi dire que tu arrives au bon moment dans la catégorie. La championne vient de partir, c’est une catégorie qui a du mal à se renouveler. Avec une bonne performance, tu devrais te retrouver dans une position très favorable."


"J’espère, j’espère.. Les nouvelles qu’ils ont prises dans la catégorie sont pas mal. Il y a notamment Jacqueline [Cavalcanti] qui m’a battu par décision. Ce serait rigolo de faire un rematch à l’UFC. C’est vrai que Nunes est partie. Je le dis en rigolant mais j’aimerai bien la faire revenir un de ces jours [elle rigole]."



"Tu combats en septembre mais tu as l’habitude de tenir des gros rythmes de combats. C’est un peu un héritage du Muay. À l’UFC, ils font un peu moins de combats que dans d’autres sports mais toi, est-ce que tu veux continuer à tenir un rythme effréné ?"


"J’aimerai trop. Déjà, ils m’ont promis 4 combats par an. Ça serait déjà bien, ça fait un combat par trimestre. Si c’est contre des clientes sérieuses à chaque fois, ce sera top. Après ça dépend de la manière dont se déroule le fight. Si c’est un finish et que y’a pas de bobos, tu peux repartir au bout d’un mois ou deux direct. Au Muay on a l’habitude de combattre tout le temps. Au début d’année j’ai combattu 3 fois en moins de deux mois. J’ai eu de la chance de m’en sortir indemne à chaque fois mais là c’est un autre niveau."


"T’as un mot de la fin pour les fans ? Pour ceux qui vont te découvrir, à quoi peuvent-ils s’attendre ?"


"Ne sous-estimez pas les gens que vous ne connaissez pas. Renseignez-vous bien sur ce que les gens ont fait avant. Si tout se passe bien, je vise le finish pour compléter ma série. C’est le plan. Je promets un beau spectacle et une belle prestation."


Auteur de l'interview : Noé Bares


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